Les contes à passer le temps édition contes pour tous – Québec à hauteur d’enfant

Les contes à passer le temps édition contes pour tous – Québec à hauteur d’enfant

Après 12 ans de contes urbains à la Maison Chevalier, qui ont diverti et continue d’amuser nombre d’adultes, voilà que Maxime Robin et son acolyte Sophie Thibeault de la Vierge folle visent… petit. Les plus petits, pour être exact, avec une première édition des Contes à passer le temps spécial contes pour tous, en collaboration avec le Théâtre des Confettis.

Comme disent les Espagnols : if it ain’t broke, don’t fix it (si ce n’est pas brisé, inutile de le réparer). La Vierge folle reprend donc ce qui fait le succès de son édition adulte, avec moult clins d’œil au passage, de l’horloge dont on change l’heure à chaque début de récit au bar à gourmandises maison (au coeur d’un des récits, les biscuits d’un des personnages donnent littéralement l’eau à la bouche), en passant par l’utilisation de lieux emblématiques de la ville comme scène centrale des histoires. Louis-Dominique Lavigne, Blanche Gionet-Lavigne, Jean-Michel Girouard, Véronique Côté, Maxime Robin et Sophie Thibeault signent les contes qui nous amènent aux quatre coins de Québec, du château Frontenac aux chutes Montmorency en passant par… le Laurier Québec.

Au centre de chaque histoire se noue un fil rouge : la filiation. Lorraine Côté ouvre le bal dans les habits d’une jeune fille qui s’ennuie aux côtés de sa mère archéologue travaillant dans les vestiges de la terrasse Dufferin. Mais c’est près de la « fameuse » chambre 237, que l’un des grooms de l’hôle de luxe dit hantée, que sa vie changera. Entre ensuite en scène Cassandra (Jeanne Gionet-Lavigne), la veille de Noël, qui parcourt Laurier Québec à la recherche du cadeau parfait pour sa sœur. Il lui faudra beaucoup d’amour et un peu de magie pour « réussir » sa mission. Vincent Legault hérite possiblement de l’histoire la plus triste du lot, alors qu’il incarne un jeune garçon dont la mère semble gravement malade. Sa famille et lui célèbrent habituellement le Noël des campeurs lors d’un pique-nique familial aux chutes Montmorency ; une occasion ratée cette année, qui le peine. Il peut tout de même compter sur Madame Violette, une psychologue à son écoute, qui lui apprendra son rôle en tant qu’enfant et mieux comprendre et accompagner son père dans ces temps plus difficiles. Jean-Michel Girouard campe Jean-Guy Junior, dit Jean-Gaufre de la Fraise Deschamps, fils de garagistes de génération en génération, davantage captivé par les effluves de vanille et de chocolat que par celles de moteurs diesel. Pour aider son paternel aux prises avec un vilain rhume, il accepte d’aller faire le changement d’huile de la motoneige d’un certain Pedro, sur les plaines d’Abraham. Il aura droit à une rencontre du troisième type, davantage bedonnant et barbu que latino, à bord d’un vaisseau-traîneau. Une occasion parfaite pour enfin dire ce qui le tracasse dans le legs professionnel de sa famille. À l’instar des contes adultes, le spectacle se termine en reprenant, d’un autre angle, le tout premier conte, en nous présentant les logeurs de la chambre 237, provenant d’une tout autre époque. La jeune fille en profitera pour faire le pont et remplir le trou dans le ventre de sa mère, qui cherche ses origines dans celui béant de la terrasse Dufferin.

La mise en scène de Maxime Robin et Sophie Thibeault se veut dynamique et bien adaptée aux enfants, même si les plus vieux prêteront une oreille plus attentive aux aléas des histoires que les plus jeunes, qui auront davantage le cœur à rire, même lors de moments plus dramatiques. La scénographie de Vano Hotton, confectionnée dans le carton, est d’une grande simplicité, mais d’une superbe efficacité, dissimulant quelques (surprenants) accessoires. On reconnait au premier coup d’œil le château Frontenac, les chutes, les montagnes de ski autour de Québec. À jardin, le musicien Steve Hamel s’amuse ferme à ponctuer les bouts de récit des protagonistes à grands coups de sons divers et de mélodies musicales.

Si «les lettres vont dans les mots, les mots dans les phrases et les phrases dans les lettres», les Contes à passer le temps version contes pour tous bouclent une boucle en présentant cette version ç la progéniture des spectateurs de la première heure. C’est un réel plaisir de plonger dans ces récits à hauteur d’enfant, qui abordent autant la maladie, la quête identitaire, la sororité que l’accomplissement de soi, et ce, avec douceur et amour. Un spectacle des Fêtes parfait pour toute la famille.

Les contes à passer le temps édition contes pour tous, au Théâtre jeunesse Les Gros Becs du 1er au 21 décembre 2022

Crédit photo Stéphane Bourgeois

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