TOQAQ MECIMI PUWIHT/Delphine rêve toujours : le tambour et les mots pour exister

Ondinnok s’associe à la compagnie de théâtre La Vieille 17 d’Ottawa pour proposer aux enfants de 4 ans et plus TOQAQ MECIMI PUWIHT/Delphine rêve toujours, écrit par le directeur artistique Dave Jenniss. Ce conte initiatique sur la transmission est présenté ces jours-ci au Théâtre jeunesse Les Gros Becs, puis partira en tournée, visitant d’ici avril 2023 Beloeil, Toronto, Montréal et Sudbury.

Grosse-Île, 1847 (dans les mots de ceux qui l’ont vécu) : Apprendre de l’histoire ?

Plusieurs connaissent Grosse-Île, jadis appelée Grace Island. Elle est située à l’est de l’Île d’Orléans, dans l’archipel de l’Isle-aux-Grues et a servi au 19e siècle de station de quarantaine pour les multiples bateaux d’immigrants qui affluaient vers le Canada. Mais est-on nombreux à connaître la véritable histoire de ce lieu et les drames qui s’y sont déroulés, alors que la maladie emportait les nouveaux arrivants ? La production du Théâtre de la Bordée met en lumière les événements dévastateurs de 1847 au moment où la petite île de 7,7 km2 s’est retrouvée aux prises avec un étrange microbe qui a tué quelques milliers d’êtres humains venus d’Irlande pour chercher un monde meilleur.

Un.Deux.Trois : qui es-tu?

Force est de constater que l’idée de réunir les trois premières parties de sa série décalogique (qui ne compte pas totalement dix pièces, mais qui se décompte jusqu’à 10), de la part de l’auteur, metteur en scène et comédien Mani Soleymanlou, est une riche idée, même si elle n’est pas nouvelle.

Maurice : Oupalaï !

Tout a commencé il y a une trentaine d’années. Maurice avait alors 33 ans. L’âge du Christ. Foudroyé par un AVC, sa vie culbute, sa brillante carrière d’économiste trépasse, son quotidien éclate. La déflagration est telle qu’elle s’est encastrée dans la cloison de sa cuisinette comme un formidable coup de poing du destin. La scène est sombre, les murs sont noirs, une petite table, striée de lumière blanche comme filtrée par un store vénitien, attend avec ses deux chaises. Entre Maurice, seul, aphasique. Il s’assoit. Lentement, soigneusement, il épluche une orange et la déguste. Puis il se lève difficilement et sa soif des autres explose. Pas de quatrième mur. Il s’adresse directement au public en peu de mots et en s’aidant de son unique main valide. Mais avec une émotion si intense qu’on dirait qu’elle brûle, prisonnière d’une bouteille de gaz qu’on a trop secouée.

Une journée : Piégés par l’ordinaire

Qui ne s’est pas déjà senti prisonnier d’une routine dans laquelle il s’est enferré? Et qui n’a pas un jour ou l’autre rêvé de s’en échapper? Les quatre personnages de la pièce Une journée, qui prend l’affiche au Théâtre de Quat’sous ce mois-ci, se débattent avec cette banalité.

Cyclorama : Fascinante leçon d’histoire et début d’un dialogue

Depuis ses années d’études à l’École nationale de théâtre/National Theatre School of Canada, où les volets francophones et anglophones ne se mêlaient pas, Laurence Dauphinais s’interroge sur ce qui sépare encore aujourd’hui les deux milieux culturels, à Montréal, qu’on dit pourtant si cosmopolite. On se partage une île et une histoire, mais que sait-on vraiment l’un de l’autre au-delà des clichés? On s’ignore au quotidien, ne fréquentant ni les mêmes auteurs, ni les mêmes lieux, ni les mêmes artistes. Pourquoi cette vie en parallèle?

L’usine : Un monde sans sens

Alors que les changements climatiques, la pollution, les catastrophes écologiques et le réchauffement planétaire occupent fréquemment la place publique, il est normal que ces menaces soient de plus en plus prégnantes dans les œuvres artistiques. Après le succès de leur première production, Nikki ne mourra pas (2019), la seconde création théâtrale du Collectif des sœurs Amar, L’usine, est au diapason de son époque. Dans un monde apocalyptique, Joseph (Gabriel Cloutier-Tremblay) et Joséphine (Laura Amar), deux jeunes survivants affaiblis par les affres de la maladie, du manque d’eau potable, d’aliments et de médicaments, vivent du peu d’amour, d’espoir et de souvenirs qu’il leur reste.

Les glaces : Pour ne pas sombrer

La force de frappe qu’est l’écriture dramatique de Rébecca Déraspe déclenche une petite tempête dans la grande salle de La Licorne ces jours-ci avec Les glaces, nouvelle coproduction de La Manufacture et du Théâtre de La Bordée. Sans être aussi brutale que le thème du spectacle pourrait le laisser croire, cette tempête d’émotions si longtemps contenues soulève de nombreux questionnements, sains et nécessaires, cinq ans après que le mouvement #metoo a déferlé sur les réseaux sociaux du monde entier.

Le fils : Quand l’amour ne suffit pas

Non, tout l’amour d’un père et d’une mère ne suffira pas à combler ce vide béant. Non, tous les efforts de parents aimants et (sur)attentionnés ne viendront jamais à bout des blessures d’adolescent meurtri et trahi. Quand, d’un côté, le père confiant affirme que tout va bien et, que de l’autre, la mère épuisée crie que ça ne va pas du tout, le fils, lui, déchiré de partout, continue de sombrer, incapable de savoir à quoi sert la vie.

La nuit des rois : l’amour follement et pour toujours

Davantage reconnu pour ses grands drames, Shakespeare compte aussi son lot de comédies parmi lesquelles La nuit des rois figure en bonne place parmi les pièces les plus souvent montées. Après les trois années que nous venons de vivre collectivement, la coproduction du Théâtre du Nouveau Monde et du Théâtre Advienne que pourra est exactement ce dont nous avons besoin pour faire le plein de bonne humeur. La production devait être présentée à l’automne 2020, mais la pandémie en a décidé autrement. Il y a donc derrière l’arrivée de cette Nuit des rois si longtemps espérée comme un ton de triomphe contre l’adversité.